Au XIIIe siècle, les Ermites de Saint Guillaume s’établirent en dehors des remparts d’Avignon, près du « Portail des Mathérons », et furent, vers 1261, remplacés par les Augustins. Ceux-ci obtinrent en 1289, du Pape Alexandre IV, l’autorisation d’habiter les villes, et la commune d’Avignon leur ayant concédé une esplanade plantée d’ormes, au-devant du même portail, ils y bâtirent un couvent, et une église.
Les ormes de l’emplacement servirent aux charpentes de l’église. Leur clocher fut bâti par Jacques Laugier en 1372. Le clocher reçut une horloge en 1497. En 1511, Martin Luther, allant à Rome, s’arrêta et prêcha chez les Augustins d’Avignon, à l’ordre desquels il appartenait. En 1516, François 1er et en 1574, Henri III tinrent dans le réfectoire des Augustins l’assemblée générale des États du royaume. L’église consacrée le 4 août 1517, sous le vocable de la Vierge et de Saint Augustin. Elle comptait 22 chapelles. Le 7 Février 1791, à cause du froid et de la gelée, on tint dans l’église des Augustins un « camp de Fédération » qui réunit 12.000 âmes, 30 communes et 32 drapeaux; Richard, premier maire d’Avignon, lut du haut de la chaire un décret faisant de cette ville et du Comtat Venaissin le 84e département de la France, appelé le Vaucluse. Quelques mois après, les meubles, effets et ornements des Augustins étaient vendus et les moines dispersés, leur propriété, devenue bien national, fut livré au pillage. Le 16 juillet 1796 le couvent fut vendu aux enchères publiques sauf le clocher.
Aujourd’hui, ces murs racontent encore des récits passionnants, entre héritage religieux, pouvoir royal et bouleversements révolutionnaires. Venez marcher sur les traces de cette histoire, admirer l’architecture et ressentir l’atmosphère d’un site chargé de mémoire.
Un séjour qui vous fera voyager dans le temps et découvrir une facette essentielle d’Avignon que vous ne trouverez nulle part ailleurs.
(Source: extraits du Dictionnaire des rues, places et bâtiments d’Avignon établi par Adrien Marcel)